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« Sur les 15 studios d’enregistrement de légende qui ont existé en France, 5 seulement sont encore en activité »

Et il faut vite aller les visiter ou y enregistrer, avant qu’ils ne ferment, comme avant eux déjà Emi-Pathé Marconi, Miraval, Davout… Gang, Ferber, Condorcet, Guillaume Tell, La Frette, Davout, etc, la France a eu et possède encore ses propres studios d’enregistrement mythiques, qu’ont fréquenté Michel Berger, Eric Serra, Barbara, Elton John, Queen ou Céline Dion et tant d’autres ! Un beau livre leur est consacré et vient de sortir, en partenariat avec FIP et le soutien, pour la partie documentaire, de l’équipe spécialisée de la Bibliothèque Nationale de France : 352 pages de photos et d’anecdotes, souvent jamais révélées ou entendues, un recensement -forcément subjectif – des 56 studios qui ont installé notre pays parmi les nations de référence dans ce domaine, à côté du Royaume Uni et des États-Unis.

« ça a été comme un Cluedo « 

Lorsqu’il s’est lancé, voici plus de quatre ans, dans le projet d’écrire un livre sur nos Abbey Road français -les studios de légende qui ont existé en France- Manuel Jacquinet ne s’attendait pas à devoir devenir une sorte d’Hercule Poirot. L’auteur du livre a dû pourtant sillonner la France et retrouver la trace des héritiers des fondateurs de ces studios, ou les fondateurs eux-mêmes, lorsqu’ils sont encore vivants ; dénicher des photos pour parvenir au beau livre qui vient de sortir et constituera un beau cadeau de Noël pour tous les amateurs de musique. En effet, bien que ces lieux légendaires aient, pour toujours, façonné nos oreilles (quantité de tubes et de chansons légendaires sur la période 1970-2000 y ont été enregistrés) il n’en reste plus guère de traces ni de témoins. C’est ce qu’il explique dans la vidéo suivante. « C’est la découverte de Super Bear, au-dessus de Nice qui m’a convaincu de me lancer dans ce projet : on parle toujours de Abbey Road, du Record Plant Studio mais la France a eu une trentaine de studios remarquables, de CBE à Ferber en passant par Condorcet et, parmi ceux-ci, quinze qu’on peut considérer comme légendaires. Parce que les loyers et les charges de maintenance qui y sont associés sont devenus très lourds, quantité ont été vendus, transformés mais on peut encore se rendre à CBE (Paris 18ème), à Ferber ou chez Harry Son, à Pantin. Et y enregistrer. Sur les traces de Elton John, de Queen ou de Francis Cabrel. CBE est à cet égard aussi légendaire que le Château d’Hérouville : la liste des hits, disques qui y ont été enregistrés est aussi longue que le studio est petit. Même Jean-Jacques Goldman a eu du mal à croire* qu’un seul ingénieur du son, dans un seul studio, ait pu faciliter la naissance de tant de chefs d’œuvre »

Audrey, Luc, Jean Rodolphe, Bérénice et Nathalie, Renaud.. ceux qui ont aidé. 

Les enregistrements sonores réalisés par l’équipe de la BNF (Rencontres autour de l’édition phonographique ) ont permis à l’auteur de retrouver et consulter des sources sonores, des interviews d’ingénieurs du son ou d’artistes, uniques et riches en informations.  » Quantité de légendes autour des studios, des albums qui y ont été enregistrés, sont très difficiles à vérifier ou à documenter  » explique Manuel Jacquinet. « Or il n’y a rien de tel que de parler ou d’entendre celui qui était là, a ouvert les potards ou signé la feuille de séance, comme ils le disent souvent. DBF, Dominique Blanc-Francard, a écrit des livres, s’est largement exprimé dans des interviews, donc on peut retracer son parcours, les studios qu’il a fréquentés, créés. Mais savoir où la musique de La Soupe aux Choux a été composée, enregistrée et pourquoi tout cela a abouti au Studio Damiens, chez Guy Boyer, c’est plus difficile. Et la Soupe aux Choux, tout de même ..  » complète l’éditeur.  » La radio FIP, la BNF, des indicateurs et passionnés anonymes qui disposent, au fond de garages perdus en France, de vieilles revues ou de courriers  manuscrits uniques, j’ai tenté de suivre les petits cailloux laissés sur la route ou qu’on a bien voulu me confier, mais il y a forcément des erreurs dans ce livre, que j’espère minimes. Depuis qu’il est sorti, des assistants, des ingénieurs du son ou des percussionnistes par exemple m’appellent et me disent: Le Soleil donne (Laurent Voulzy )? J’y étais, avec untel et c’est untel qui a enregistré, et mixé en fait et ensuite etc. Kayne West ? Oui il a fait appeler parce qu’il venait avec sa femme pour la Fashion Week et voilà comment ça s’est passé: il a désiré louer tout le studio et disposer de tel ou tel matériel. Cadillac de Johnny Hallyday ? Vous vous êtes trompé, monsieur l’auteur : on a fait des remixes au studio Gang et à Guillaume Tell. Tout ceci constitue une forme de mémoire collective, de patrimoine, que je trouve passionnant. Il n’y a que la Mairie de Paris, souvent sollicitée, qui s’en fiche un peu, ne répond jamais aux mails qu’on lui envoie. Paris Plages doit être plus passionnant que Paris Son. Pourtant, Rue Lévis, on a enregistré et composé Etienne, Etienne, de Guesch Patti; rue Jean de Beauvais, au studio Ramsès, Odeurs, Manu Katché, Eric Serra sont venus et ont enregistré. Dans un ancien blockhaus, situé dans le 16 ème arrondissement, Céline Dion a enregistré Pour que tu m’aimes encore (désormais Twin Studios ). Derrière des portes banales, bleues, noires, au fond de cours existent encore ou ont existé  des échoppes où se peaufinent des expériences sonores uniques. Paris, la ville son, comme l’a écrit  Gérard Bardavid dans Best. Il ne faut pas l’oublier, comme il ne faut pas oublier le Val d’Oise ou la Seine Saint Denis : Hérouville, la Frette, Harry Son, Johanna, tout ça, c’est notre New Jersey à nous ! Et c’est également parce que tout cet univers a fait vivre des artistes, a permis à des revues d’exister, que j’ai choisi de reprendre, dans le livre, avec l’accord des auteurs ou contributeurs, des anciens articles, des interviews. L’ensemble donne à voir et lire, j’espère une sorte de parenthèse incroyable que j’ai eu envie de documenter. Et volontairement, le livre comporte des photos de portes, de lieux, sans qu’on sache où l’on est, pour inciter à partir à la découverte. Derrière chacune, un bout d’histoire de notre mémoire musicale. Rue de la Gaité, si vous saviez ce qui s’est passé !

Tribute to l’ORTF et Gilbert Castro. 

Je dois dire une dernière chose, sur ce qui a motivé l’envie d’écrire ce livre : mon père a été chef opérateur, directeur de la photo, à l’époque de l’ORTF et de la SFP. J’ai découvert un jour que de toute cette époque, les Buttes Chaumont, Cinq Colonnes à la une, les Rois Maudits, ou les émissions d’Averty, il ne restait plus grand chose, sinon ce que conserve l’INA. Les archives, ça coûte cher, entend on partout. Mais si on ne sait pas d’où on vient, ce qu’on doit à qui, on est perdus, ou pire, on ne sait pas dire merci. Il y a, dans le livre, une interview de Gilbert Castro, un ingénieur des Mines, ex-maoiste, qui a repris les Studios Davout, a été à l’origine de Nova.. il a tenu et fait exister Davout, avec son équipe de salariés, qu’il avait associés dans la reprise, pendant 23 ans. Merci Gilbert !

Pour découvrir le livre et sa table des matières, c’est là.

Par la rédaction d’En-Contact

Studios de légende, secrets et histoires de nos Abbey Road français

Beau livre enrichi avec des photos exclusives. 352 Pages. Poids : 1,3kg !
Edité par Malpaso-Radio Caroline Média.
39 euros

Photos exclusives, tirée du livre évoqué : Studios de légende, secrets et histoires de nos Abbey Road français.
*Anecdote racontée dans le livre dédié au studio CBE, et intitulé 
Le Géant, Éditions Gonzai Music.

 

 

 

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